Les parasites, ils infestent les équidés en trois phases

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Auteur › Claudie Quénéhen Ouadah
Il est évident que certaines conditions favorisent une forte infestation, comme des chevaux qui vivent ensemble au pré, car ils subissent une forte pression parasitaire en ingérant les œufs et les larves excrétés par les uns et les autres sur le sol, avec un plus gros facteur d'infestation si l'herbe est rase. Mais ce ne sont pas les seules à être exposés aux parasites. En effet, les chevaux logés au Le boxbox et sortis au Le paddock de détentepaddock, qui sont généralement utilisés pour l'ensemble de l'écurie, tout au long de l'année, ingèrent donc les œufs et les larves déposées par leurs congénères.
Le cycle parasitaire
Les équidés ingèrent dans l'environnement des œufs et des larves qui sont présents dans les crottins présent sur leur pâture. En effet plus de 80% des formes parasitaires proviennent du milieu naturel.

Le cycle des parasites qui infestent les équidés comporte trois phases, la phase externe, pendant laquelle les éléments infestants (larves) se transforment en œuf, la phase interne, au cours de laquelle les éléments infestants se transforment en adultes reproducteurs ou pondeurs et la phase prépatente, qui est le temps qui sépare le moment où l'équidé est infesté par un parasite et celui où des œufs ou des larves apparaissent dans le milieu extérieur.
Même si une pâture est peu contaminée au début du printemps, elle peut atteindre un haut niveau de contamination si les conditions climatiques s'y prêtent, particulièrement lors du pic qui sera atteint en été ou en automne. Ce taux d'infestation augmentera avec la succession des générations des parasites issus de chevaux excréteurs. Dès la sortie des chevaux au pré, le taux de parasite sur les pâtures et les paddocks augmente tous au long de la saison.

Le seul moyen de lutter contre ces parasites est de La vermifugationvermifuger le cheval régulièrement avec, bien entendu, la molécule adaptée. Cela permet d'interrompre le cycle des parasites et de limiter les risques de contamination.
Les gatérophiles
Les gatérophiles, qui sont des mouches qui ressemblent à des bourdons, sont très actives l'été et particulièrement agaçantes pour les chevaux. Leurs larves qui présentent des anneaux sur le corps, sont rouges et mesurent de 1 à 2 centimètres.

Ce mouches déposent leurs œufs, de couleur jaune, sur le Le corps dans son ensemblecorps du cheval, et plus particulièrement sur les L'appareil locomoteurmembres. En l'état ces œufs ne posent pas de problèmes, c'est lorsque le cheval va se lécher qu'il va les ingérer, et c'est ensuite qu'ils vont se transformer en larves et se fixer dans l'estomac.

Généralement elle provoquent un appétit irrégulier, un inconfort digestif (dyspepsie) ainsi que de l'anorexie. Lorsqu'elles sont très nombreuses, il peut y avoir des complications et des séquelles comme de l'anémie, des ulcérations gingivales, de l'hyper salivation, des ulcères gastriques, des coliques postprandiales (après les repas). Dans de rares cas elle peut provoquer la mort suite à une perforation gastrique, et chez le poulain, en plus de la perforation gastrique, il peut avoir une péritonite.

Les périodes à risque sont en été et au début de l'automne lors de la ponte des œufs et en hiver lors du développement des larves. La phase interne dure environ 10 mois et la phase externe est de 2 à 3 mois.
Les ascaris
Les ascaris sont de volumineux vers ronds, blanc jaune et longs (l'adulte mesure une vingtaine de centimètres), qui peuvent vivre en grande quantité dans l'intestin grêle.

Ils sont particulièrement présents chez le poulain et le jeune cheval qui peuvent s'infester en ingérant les œufs larvés dans l'L'herbe et les fourragesherbe ou lorsqu'il tète la mamelle souillée de leur mère.

Généralement il provoque un mauvais état général avec un poil piqué, une baisse d'appétit, voire de l'anorexie, des troubles osseux, de la fièvre et un retard de croissance. Au niveau de l'appareil respiratoire, il peut y avoir en cas d'infestation massive, des lésions pulmonaires, de la toux et du jetage deux à trois semaines près la contamination.

Les principales complications et séquelles sont l'alternance de diarrhées et de Les coliquescoliques, des diarrhées chroniques, la malabsorption intestinale par destruction de la paroi intestinale, des Les coliquescoliques dues aux complications mécaniques comme la perforation, l'obstruction du cholédoque, une péritonite et parfois une occlusion intestinale partielle ou totale pouvant entraîner la mort.

Les périodes à risque sont au printemps et pendant l'été.
Les grands strongles
Ce sont des vers ronds, gris ou rouges foncés, qui mesurent de 3 à 5 centimètres et dont les adultes vivent dans la lumière du gros intestin, avec un cycle larvaire long et complexe incluant des migrations à la surface du foie, du pancréas, ou dans les parois artérielles digestives. Leur présence est devenue rare chez le cheval grâce à la généralisation de l'utilisation des La vermifugationvermifuges.

Généralement il provoque de la fatigue, une baisse d'appétit et de la fièvre. Les complications et les séquelles sont les Les coliquescoliques d'intensités variables, voire très sévères pour le « S. vulgaris », des douleurs intenses au niveau du flanc droit (péritonite parasitaire pour le « S. edentatus »), des Les coliquescoliques avec alternance de constipation et diarrhée, de l'anémie modérée, la migration dans les artères et l'obstruction (thrombose) associées à des boiteries intermittentes, des hémorragies mortelles par rupture des artères, une hépatite puis une pancréatite aiguë si il y a une migration dans les vaisseaux irriguant ces organes.

Les grands strongles sont présents dans les intestins, mais il peuvent également se loger dans le pancréas, les artères et le foie. Les périodes à risque sont au printemps, en été et durant l'automne. La période prépatente est de 4 à 8 mois, la phase interne ne représente que 10% du cycle total et les larves sont particulièrement résistantes au froid.
Les petits strongles
Comme les grands strongles, les petits strongles (ou cyathostomes) sont des vers ronds, gris ou rouges foncés, mais contrairement à eux, il en existe des dizaines d'espèces, qui mesurent moins de 2 centimètres et ne sont parfois détectables qu'à l'examen microscopique. Ces parasites représentent les parasites intestinaux les plus fréquemment en cause dans les troubles digestifs des chevaux.

Les petits strongles ont la particularité rentrer en dormance l'hiver, phénomène appelé l' « hypobiose », et durant cette période ils sont alors peu sensibles aux vermifuges. Mais lorsque les larves se réactivent au printemps et migrent vers la lumière intestinale en muant, elles peuvent entraîner des symptômes aigus parfois sévères.

Généralement ils provoquent chez le cheval un amaigrissement, un poil piqués, un appétit capricieux, une anémie importante, un œdème des membres, des Les coliquescoliques, des diarrhées aiguës ou chroniques dues au désenkystement massif des larves qui a lieu à l'occasion d'un stress ou au printemps. Les signes visibles sont une mauvaise assimilation comme la perte d'oligo-éléments, d'acides aminés, de vitamines et de nutriments essentiels.

Les périodes à risque sont au printemps et pendant l'été.
Les ténias
Il existe trois espèces de ténias qui peuvent parasiter les équidés, l'Anoplocephala perfoliata (la plus fréquente), le Paranoplocephala mamillana et l'Anoplocephala magna. Les adultes sont des vers plats formés de nombreux anneaux, mesurant de 0,5 à 1 centimètre de large sur 1 à 8 centimètres de long (pour les deux premiers) et jusqu'à 80 centimètres de long (pour le dernier).

L'Anoplocephala magna et le Paranoplocephala mamillana vivent dans l'intestin grêle et l'Anoplocephala perfoliata, qui est le plus fréquent, est présent dans le gros intestin. A son extrémité antérieure il possède de grosses ventouses qui lui permet de se fixer à la paroi, principalement sur la valvule iléo-cæcale (orifice de communication entre le cæcum et le colon).

La reproduction est de type hermaphrodite, les anneaux postérieurs renferment les œufs. Ils peuvent éclater et libérer les œufs dans les crottins, mais les anneaux peuvent également se détacher et être éliminés entiers. La présence d'œufs dans les crottins est irrégulière, c'est pourquoi le dépistage par coproscopie (analyse du crottin) peut donner des résultats faussement négatifs. C'est pourquoi cet examen doit être répété ou, le cas échéant, réalisé à l'échelle d'un troupeau.

Les œufs qui sont libérés dans les crottins sont ingérés par les oribates qui sont de de petits acariens long de 1,5 millimètre et qui vivent dans les Le pâturagepâturages en se nourrissant de déchets organiques. Les œufs éclosent et muent en larves dans l'organisme de l'oribate, et ont une vie de la même durée que l'acarien. L'ingestion de l'oribate présent dans l'herbe provoque l'infestation du cheval. Ensuite les larves restent dans la lumière du tube digestif, et évoluent en adultes en 6 à 10 semaines.

Il est important de savoir que les oribates ne vivent pas dans la litière des Le boxbox, ainsi les chevaux en permanence à l'écurie n'ont que peu de risques d'infestation par les ténias.

Les conséquences de l'infestation par les ténias sont fonction du nombre de parasites. Généralement ils provoquent un amaigrissement et une anémie. Mais au delà de 100 ténias, les risques de complications et de séquelles sont importants. Ils peuvent provoquer l'obstruction de la valvule iléo-cæcale, l'arrêt du transit, des Les coliquescoliques sourdes et chroniques, des diarrhées, une perforation intestinale, une péritonite mortelle et l'invagination intestinale.

Les périodes à risque sont au printemps, en été et en automne.
Les anguillules ou strongyloïdes
Les anguillules (ou strongyloïdes) sont des parasites qui touchent principalement le poulain par une transmission sous la forme d'une larve au moyen du lait maternel.

Généralement il provoque des diarrhées lors d'une infestation massive et engendre un retard de croissance.

Les périodes à risque ne sont pas basées sur les saisons mais sur l'âge du poulain qui est sensible à la contamination par ces parasites à partir de 6 semaines de vie.
Les oxyures
Les oxyures sont des des vers blanchâtres, long de 1 à 10 centimètres. Le cycle dure environ 5 mois et débute avec l'ingestion, par le cheval, des œufs, qui vont ensuite se transformer en larves pour rejoindre le colon où elles vont évoluer en adultes sans faire de migration. Ce type d'infestation est est plus fréquent chez le cheval vivant en Le boxbox.

Les adultes vivent dans le gros intestin (colon) et les femelles pondent des œufs qui sont englués avec un gel et ensuite sont « collés » autour de l'anus, ce qui provoque des démangeaisons chez le cheval. Il va alors se gratter la La queuequeue contre les murs ou les mangeoires et involontairement y déposer les œufs. Ce grattage donne un aspect ébouriffé aux crins de la La queuequeue, ce qui constitue un signe d'infestation par les oxyures, un autre signe est que les œufs dans leur « gelée » sont fréquemment visibles autour de l'anus.

Généralement ils provoquent une irritation cutanée locale au niveau de l'anus accompagnée de démangeaisons, une dépilation et des plaies à la base de la La queuequeue, appelée « queue de rat », des lésions de grattage sur le pourtour de l'anus et le dépôt des œufs sur divers supports. Les complications et les séquelles interviennent en cas d'infestation massive de vers dans le colon et provoque des Les coliquescoliques.

Les oxyures ne sont pas des parasites saisonnier et sont présents tout a long de l'année. Ils vivent dans l'intestin, le rectum ainsi que l'anus.
Les habronèmes
Les habronèmes sont des parasites qui sont absorbés, sous forme de larves, par les asticots des différentes espèces de mouches déjà présentes dans le crottin. Ces larves se transforment en larve infestante lorsque la mouche adulte émerge de la pupe. C'est ainsi qu'elles migrent dans la tête des mouches et se retrouvent au niveau de leur trompe. Le cheval est contaminé par contact, avec ces mêmes mouches, au niveau des commissures des lèvres, des naseaux ou des yeux. Les parasite vont vivres dans l'estomac de l'équidé dans lequel il provoquent la formation de nodules purulents.

Généralement les habronèmes provoquent une baisse d'appétit, des plaies bourgeonnantes à caractère récidivant, des conjonctivite, des larmoiements et de la photophobie. Les complications et les séquelles sont des gastrites, des coliques, le développement de larves, transmise par des mouches dans des plaies préexistantes ou des orifices naturels comme les yeux et les naseaux.

La période à risque est l'été lorsque'il y abondance des mouches.
Les trichostrongles
Les Trichostrongles provoque une affection parasitaire de l'estomac du cheval, souvent transmise indirectement par les ruminants infestés qui partage la même pâture que les équidés. Ce parasite n'affecte pas seulement les équidés et les bovins, il infeste également les ovins, les caprins et sans doute les porcins.

Généralement il provoque très peu de symptôme chez le cheval adulte, mais il peut provoquer une perte d'appétit, un amaigrissement, des troubles du comportement alimentaire, comme le pica qui est un trouble caractérisé par l'ingestion de substance non nutritives, et en dernier lieu la coprophagie. Les complications et les séquelles provoquée sont les gastrites et chez le poulain, une infestation massive peut entraîner des diarrhées profuses.

Les périodes à risque sont pendant les saisons de Le pâturagepâturage, soit au printemps, en été et en l'automne.
Les onchocerques
Les onchocerques sont des moucherons qui injectent par piqûre des larves infestantes qui vont migrer vers les ligaments suspenseurs du boulet ou nuchaux.

Généralement ils provoquent des dépilations cutanées circulaires, une atrophie musculaire, et dans sa forme rare, une kératite et uvéite liée à la migration de microfilaires dans la zone oculaire. Les complications et les séquelles sont les boiteries, les raideurs, les tendinites chroniques, les œdèmes, les nodosités sur les canons.

Les périodes à risque sont au printemps et en été, principalement dans des zones marécageuses et humides.
Les dictyocaules ou strongles respiratoires
Les dictyocaules ou strongles respiratoires sont des parasites qui affectent que très rarement le cheval, et qui survient parfois lorsque le cheval partage sa pâture avec des ânes, principaux réservoirs de cette affection.

Généralement il y a peu de symptôme chez l'âne, mais chez le cheval ils provoquent une baisse d'appétit et des troubles respiratoires comme une toux, une bronchite ou une pneumonie chronique avec des complications bactériennes.

Il n'y a pas de période à risque saisonnière, car ces parasites sont présent toute l'année.
L'examen coproscopique
L'examen coproscopique, qui peut être réalisé par un vétérinaire, est l'étude au microscope du prélèvement de crottins qui permet d'estimer assez précisément le niveau et de type d'infestation d'un cheval.

La plupart du temps, si la numération des œufs dépasse 200 par gramme, il est fortement recommandé de vermifuger le cheval.

Mais si une grande majorité de parasites peuvent être identifié lors de l'examen coroscopique, il n'en est pas de même pour le ténia, car un résultat négatif ne prouve en aucun cas que ce parasite n'est pas présent.

L'avantage de ce procéder et qu'il permet de vérifier d'une manière assez fiable le statut parasitaire d'un cheval et bien évidemment, de mieux définir les molécules qu'il faudra utiliser pour le traiter.

Il est également possible, en fonction du résultat de l'examen, de mettre en place un plan de La vermifugationvermifugation ciblé et adapté à chaque individu.

Pour plus d'informations consultez la page « La vermifugationLa vermifugation ».
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